30 décembre 2024

Interview KRACK – 15.12.2024


Interview de KRACK
par MONKEYMETAL aka Troll / ODYMETAL
le 15 décembre 2024.
Réponses de Léo Amar (chanteur et compositeur).
Photo 1 fournie par M & O MUSIC / M & O OFFICE
Photos 2 à 4 et photo cd « Bakounine » fournies par Léo Amar.


logo KRACK


photo 1 KRACK 2024


Quand et comment es-tu venu à écouter de la musique et avec quels groupes ou artistes cela s’est-il fait ?

Dès mon plus jeune âge, j’ai été plongé dans la musique grâce à mes parents qui étaient de vrais soixante-huitards. Ils avaient une superbe collection de vinyles, et l’un de mes premiers chocs a été l’album « Trogglodynamite » (1967) de The Troggs. Rapidement, j’ai aussi découvert « L.A. Woman » des Doors, Creedence Clearwater Revival, The Yardbirds, Janis Joplin… Chez nous, tout sonnait comme un mix de rock psyché avec également un peu de chanson française (Brel…).

De plus, du côté maternel, qui venait d’Algérie, on écoutait des musiques méditerranéennes avec des artistes comme Amália Rodrigues et Slimane Azem, ce qui m’a offert une palette plus large, plus intime. Vivant à Aix-Marseille, j’ai été très rapidement attiré par le rap national – IAM, NTM, la FF – puis des groupes plus radicaux comme 2Bal 2Neg et la poésie sombre d’Oxmo Puccino.

C’est plus tard, fin des années 90, peu avant de partir vivre aux États-Unis pour jouer au basket, qu’un cousin m’a initié au métal avec Sepultura (« Roots »). J’ai plongé ensuite dans l’univers de groupes comme Korn, Slayer, Manson, tout en restant attaché à la scène rap, cette fois ci new-yorkaise (Wu-Tang, EPMD, Nas). Plus tard, en affirmant ma bisexualité, je suis sorti dans des soirées électro, me laissant happer par l’acid, la dark electro… Enfin, mes voyages professionnels en Afrique subsaharienne, et ma compagne étant en plus originaire de cette région, m’ont poussé vers le reggae africain et la scène nigériane, soulignant à quel point la musique est universelle et nourrit toutes les expériences de vie.


photo 2 KRACK 2024


Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique et pourquoi s’être orienté dans un registre Fusion Trap Métal ?

Il y a deux aspects dans votre question. D’abord, ce qui m’a donné envie de faire de la musique : mon désir de créer remonte à l’adolescence, une période où mes premiers troubles psychiatriques sont apparus. J’ai alors trouvé dans la musique une forme de thérapie. J’ai commencé par le rap, puis je me suis ouvert plus tard au métal, et même au reggae lorsque je vivais en Afrique. L’expression artistique est au cœur de ma vie, c’est ma manière de transformer une émotion intérieure en une création tangible. Qu’il s’agisse d’écrire, de chanter, de faire de la photo, ce moment où un ressenti devient une idée, puis une œuvre, est quelque chose que je ne troquerai pour rien au monde.

Ensuite, pourquoi m’être orienté vers un registre Fusion Trap Métal ? Parce que ce style est un terrain d’expression qui me permet d’extérioriser des émotions extrêmes, ces sentiments profonds qui me rendent parfois asocial, incapable de les contenir ou de les filtrer. Dans cette fusion, je peux combiner violence et tristesse, ajouter des messages politiques, faire cohabiter l’agressivité et la mélancolie, tout en exploitant un mode de composition compatible avec ma vie itinérante, constamment entre deux avions (je suis conseiller / chercheur pour une organisation internationale relative aux questions de défense). C’est cette liberté créative, cette possibilité de canaliser mes pulsions, qui fait de la Fusion Trap Métal mon langage idéal (j’ai un autre groupe de rap-rock progressif afin d’exprimer des émotions plus nuancées).






Explique-nous ta façon de composer ainsi que l’écriture des textes ? Parle-nous également des Beatmakers qui viennent du monde entier et comment en es-tu venu à travailler avec et les raisons ?

Ma méthode de composition est très différente de celle d’un groupe classique. D’abord, je pars toujours d’un concept global : un monde imaginaire, une idée forte. Sur le dernier EP, je pars de l’idée développée par un philosophe anarchiste russe du 19ème nommé “Bakounine” et qui a théorisé le besoin de passer par une révolution violente pour induire des changements structurels dans une société. Sur cette idée de base j’ai exploré un univers futuriste post-apocalyptique ou la narration se concentre sur un personnage « contre-dystopique » – théorisé par Michael Roth - qui est donc un personnage qui se révolte contre la dystopie et promeut, le cas présent, une révolte anarcho-libertaire.

Une fois le concept défini, j’associe chaque thème à des sonorités spécifiques. Je sais quelles ambiances, quels rythmes je veux, et c’est à ce moment-là que je recherche des beatmakers aux quatre coins du monde (Etats-Unis, Russie, Maroc, France…). C’est incroyablement chronophage car trouver le son parfait est terriblement complexe et aléatoire. Une fois trouvé la base instrumentale, je récupère les stems (les pistes séparées) et je me lance dans une sorte de « sprint créatif ».

Concrètement, je m’enferme dans « mon studio » (aka mon salon) et je crée et enregistre la chanson en une journée. Tout se fait sur l’instant. J’échange par messages avec mon partenaire musical (MAD) et mon ingé son (Torpeur) à distance, on ajuste la structure en temps réel et j’enregistre le tout. L’écriture du texte, le placement de la voix, tout se décide sur le vif. Cette urgence reflète l’état mental extrême que j’essaie de transmettre. Si, à la fin de la journée, le morceau ne me paraît pas assez intense ou sincère, je laisse tomber et passe à autre chose. Pour moi, il faut que la création soit un moment de tension, de violence et de précipitation, pour coller à l’univers contre-dystopique que je veux dépeindre.




Quels sont tes premiers retours pour ton deuxième album « Bakounine » et prépares-tu déjà la suite ?

Franchement, les retours sur « Bakounine » me bluffent encore. Il faut comprendre qu’au départ, il y a 3 ans, je suis revenu à la musique sans aucune ambition. Après quinze années de carrière dans des régions instables et après avoir subi une grosse dégradation de ma santé mentale, surtout après le départ de ma mère et mon divorce, mes premiers enregistrements n’étaient censés être que quelques morceaux pour évacuer ma douleur, rien de plus. Et 3 ans après, je me retrouve signé chez M & O, avec au mastering un gars qui a bossé avec Gojira, un truc que je n’aurais jamais osé rêver. Tout ce qui arrive est de l’absolu bonus et donc même si la grande majorité des critiques sont très positives, celles qui sont dures me sont très utiles et m’ont fait comprendre que je dois encore mieux assumer le côté hybride de mon son et mettre plus en avant mes textes.

Du coup, je planche déjà sur la suite : un triple EP qui incarnerait la suite de la dystopie avec la réorganisation politique en oligarchie. Je veux séparer nettement les choses cette fois-ci : un EP électro pour la vision froide des élites, un EP rap pour la voix du lumpenprolétariat (les plus exclus) et un EP métal pour la révolte. L’idée est de pousser chaque univers beaucoup plus loin, de monter les potards à fond, tout en simplifiant l’écoute, en donnant aux gens des repères plus clairs. Et en prime, je suis en discussion avec des musiciens de chaque scène pour apporter encore plus d’authenticité et de richesse à ce projet. En gros, tout est bonus, je prends un max de plaisir et j’espère vous surprendre encore.




Le 4 octobre dernier, tu donnais un concert à l’Olympic Café à Paris. Tout d’abord, quels sont les titres que tu as joués et pourquoi ce choix ? Ensuite, comment le concert s’est-il déroulé et comment a été l’accueil du public ? Qu’est-ce que tu peux nous dire sur ta première partie, Victor Samsa ?

J’ai choisi l’Olympic Café parce qu’il est en pleine Goutte d’Or, un quartier historique où les mouvements anarchistes français ont émergé. J’aime cet endroit interculturel, et c’est là que je vis quand je suis à Paris (sinon, je suis entre deux avions, souvent à Naples). Le set reprenait la plupart des morceaux de mon second EP, plus trois « singles » du premier et son intro. Je me suis moins focalisé sur l’ordre narratif, préférant mettre l’accent sur le mélange des genres, ce qui, seul sur scène, était un sacré défi. Une fois les pistes lancées, je n’ai plus la main, je dois donc connaître chaque seconde du show par cœur, y compris les moments de silence et les transitions. C’était un pur bonheur de retrouver la scène, elle m’avait terriblement manqué. Ayant vécu plus de 15 ans sur d’autres continents, cela faisait 20 ans que je n'étais pas monté sur scène en occident.

Le public, à l’image du lieu, était hyper varié et très réceptif, au point d’exiger un rappel auquel je ne m’attendais pas du tout. Quant à Victor Samsa, en première partie, c’est un ami qui incarne parfaitement ce que je cherche : un artiste capable de fusionner électro, rap et metal. Il a déjà défendu ces styles en tant que chanteur, et sur scène, son set était ultra habité. J’ai adoré son énergie, qui a parfaitement préparé le terrain pour mon propre univers.


affiche KRACK bakounine release party Omynpic Café 04 octobre 2024


Sur une de tes publications, j’ai pu voir que BABYLON PRESSION est un groupe de ton enfance que tu apprécies, du coup, qu’as-tu pensé de leur dernier EP « Rock Warrior » ?

Babylon Pression est l’un des tout premiers groupes que j’ai vu sur scène, à Aix en Provence, à l’époque de leur premier EP, quand ils avaient encore deux chanteurs. Déjà à ce moment-là, leur énergie brute m’avait scotché et leurs textes également (je me rappelle encore leur refrain incroyable “personne n’aime personne” du premier album). Leur dernier EP « Rock Warrior » m’a clairement rappelé cette vibe nihiliste punk qui les caractérise désormais, et je trouve qu’ils restent l’un des groupes les plus sous-cotés de la scène métal française. Je rêve de jouer avec eux.

Cette question me donne aussi l’occasion de rappeler l’importance du collectif Coriace, trop souvent oublié alors qu’il a mis non seulement mis en lumière Babylon Pression, mais aussi permis l’éclosion d’ETHS, de TRIPOD, et offert le seul et unique album, pourtant fou, de Fis(ch)er INSTABLE (folie furieuse encore aujourd’hui). Le travail de Coriace a marqué le métal du Sud de la France, et on peut encore en ressentir les effets aujourd’hui chez des groupes comme Landmvrks…




Malheureusement leur concert, qui devait avoir lieu dans la salle parisienne « Le Cirque Électrique », a été annulé. Tu as sûrement été déçu ! Pourquoi c’est ta salle préférée de Paris ?

Le Cirque Électrique est un endroit vraiment à part, un lieu inclusif et libérateur. Quand je suis arrivé à Paris dans les années 2000 pour mes études, ma bisexualité était une facette de moi que je gardais cachée, surtout au sein de certaines scènes musicales où j’étais condamné à surjouer la masculinité pour ma sécurité. C’était lourd à porter. En découvrant la communauté LGBT parisienne, j’ai enfin trouvé une vraie liberté, des partenaires – hommes et femmes – qui m’acceptaient comme j’étais. Mais musicalement, ce n’était pas encore ça.

C’est là que le Cirque Électrique a fait tilt : un espace où je pouvais être moi-même, assumer pleinement mon identité, et en même temps profiter de sonorités qui me correspondaient. Ce concert annulé, c’est un coup dur, parce que les voir là-bas aurait été comme une réconciliation entre mon passé compliqué dans le Sud et ma réalité actuelle, plus ouverte, plus sincère. Mais ce n’est que partie remise. J’y reviendrai, plus déterminé que jamais. En espérant pouvoir aussi jouer dans cette salle mythique.


photo Cd KRACK bakounine,  EP 2024



Comment es-tu venu à travailler avec le label M & O Music ?

La rencontre avec M & O Music a été étonnamment fluide. Après la sortie de mon premier EP, plusieurs structures m’avaient approché, mais je ne me sentais pas légitime. Je venais de revenir d’une longue expatriation de 15 ans, avec à mon actif un album de reggae produit en Afrique, ce qui n’a rien à voir avec le son actuel. Mon musicien m’a littéralement engueulé pour que je réponde aux labels intéressés, et M & O a tout de suite montré une motivation sans faille. Ils ont été ouverts, non seulement à mon univers musical hybride, mais aussi à mon identité bi et libertine, et à mes textes très engagés. Franchement, c’est énorme pour moi, car je sais que les paroles peuvent parfois faire peur à certains. Le soutien de M & O a dépassé toutes mes attentes, et je leur suis sincèrement reconnaissant.


photo 3 KRACK 2024


Il y a 10 ans, tu étais en Guyane pour t’occuper du développement économique et industriel local, et tu y es resté 3 ans. Peux-tu nous dire ce que tu as retenu de cette expérience sachant que tu as adoré le territoire ?

J’étais déjà conseiller diplomatique, spécialisé en économie et développement, avec pas mal d’expériences en Afrique et en Amérique latine, mais je tenais absolument à avoir un contact plus direct avec le terrain. C’est comme ça que j’ai décidé de partir en Guyane, où j’ai passé trois ans à travailler sur le développement économique et agricole. Sur place, j’ai été bouleversé par la diversité humaine et culturelle. On y croise des Amérindiens, d’anciens bagnards, des Brésiliens, tous cohabitant et construisant ensemble. Cette complexité est précisément ce que j’adore, ce mélange improbable de trajectoires, de langues, de traditions.

En plus, ça fait maintenant près de 18 ans que je ne vis plus vraiment en France, et la Guyane a été un choc positif, un véritable électrochoc culturel et humain. Et je ne peux pas parler de la Guyane sans saluer l’équipe de basket de Cayenne, l’Asc Tours, avec qui j’ai eu l’honneur d’être champion de Guyane. Cette aventure sportive a renforcé encore plus mon attachement à la région, ses gens, sa richesse.

Cette expérience, elle m’a ouvert les yeux sur la complexité du monde, et m’a donné une certaine humilité. Elle m’accompagne encore aujourd’hui dans tout ce que je fais, y compris la musique, parce que ça m’a appris à écouter et à respecter les différences.




Tu es modèle photo, comment l’es-tu devenu ? Quels styles sont abordés et pour quelle utilisation ?

Ça s’est fait par une suite de hasard et de nécessité. Ça a commencé à 17 ans alors que je jouais au basket en national à Aix-en-Provence, et on m’a repéré sur le terrain. Au départ, ce n’était qu’une petite activité d’appoint, mais quand je suis arrivé à Paris, les besoins financiers liés à mes études en grande école ont augmenté. J’ai donc développé cette activité, posant souvent dans des styles alternatifs et même dans l’art porn, ce qui m’a permis de payer mes études.

Aujourd’hui, j’y reviens de temps en temps avec ma compagne, quand elle le souhaite surtout. Cette expérience en tant que modèle a clairement influencé l’esthétique de mon projet musical : plus d’audace, d’intimité, une liberté visuelle et conceptuelle plus assumée, qui transparaît dans mes textes et mes visuels.

Ainsi, j’aime l’idée de raconter une histoire avec une image. C’est un autre médium, un autre langage. Être modèle, c’est un peu comme être un personnage silencieux d’un récit visuel.




As-tu d’autres activités professionnelles et personnelles en dehors du milieu de la musique et des points cités ci-dessus ? Peux-tu nous en parler ?

En dehors de la musique et de mes autres projets, je suis avant tout conseiller diplomatique et chercheur pour une organisation internationale spécialisée dans les questions de défense. J’ai travaillé au Quai d’Orsay, en tant que conseiller diplomatique focalisé sur les conflits en Afrique subsaharienne. Cette activité constitue l’essentiel de mes revenus et occupe une grande partie de mon temps. C’est également une source d’inspiration : les réalités géopolitiques, les tensions internationales, tout ce que je vis au quotidien sur le terrain imprègne forcément mon univers artistique. Cette année, je réalise que j’ai passé plus d’années à l’étranger qu’en France, un fait qui reflète bien la dimension résolument internationale de ma vie. De surcroit, je poursuis un doctorat et je pratique beaucoup de sport, ça m’aide à canaliser l’énergie.




J’aimerais connaître ton avis sur le plan personnel et professionnel concernant l’IA ?

Sur le plan personnel, l’IA est devenue un outil incontournable dans mon quotidien. Elle me permet de gagner un temps précieux dans mes recherches, par exemple en résumant efficacement des articles pour mon doctorat, ou en me fournissant rapidement des informations pertinentes. Grâce à elle, je suis moins prisonnier de la lecture fastidieuse et plus libre de réfléchir, de conceptualiser, de creuser les sujets qui m’importent réellement. En somme, c’est un véritable accélérateur intellectuel, un compagnon silencieux qui m’aide à naviguer dans l’océan de connaissances disponibles aujourd’hui. Professionnellement, l’IA m’offre un avantage similaire, en démultipliant mes capacités d’analyse. Dans mon rôle de conseiller et de chercheur, j’ai souvent besoin de traiter d’immenses quantités de données complexes. Indirectement, cela me libère aussi du temps pour mes activités artistiques, assurant un meilleur équilibre entre mes différentes facettes professionnelles et personnelles.

Sur le plan artistique, toutefois, mon approche est plus nuancée. Je reste réticent à intégrer l’IA dans ma création. Non pas par méfiance aveugle, mais parce que je n’ai pas encore trouvé la manière de le faire de façon sincère, authentique, et en accord avec les émotions brutes que j’exprime. J’observe pourtant de près les avancées technologiques, je teste les nouvelles approches, j’imagine ce que cela pourrait apporter, mais je n’ai pas encore franchi le pas. Je n’exclus rien pour l’avenir, et si un jour l’IA devient un instrument à part entière dans ma musique, je ne le cacherai pas. La transparence est essentielle. En attendant, je préfère laisser mes émotions, mes intuitions et ma voix humaine guider mon art.








Dernière question, as-tu quelque chose à ajouter, à clarifier ou un message à faire passer ?

Je tiens à remercier chaleureusement ODYMETAL et Monkeymetal pour cette interview. Elle compte énormément pour moi, car mon art occupe une place centrale dans ma vie, malgré les sacrifices personnels, professionnels et financiers qu’il exige. Vos questions m’ont permis d’exprimer plus en profondeur ce qui m’anime, ce qui motive mes choix.

Je tiens également à saluer toutes les cultures alternatives qui m’ont soutenu, consciemment ou non, durant mon adolescence et mes années de formation. Sans elles, je ne serais jamais parvenu à développer ma sensibilité, mon univers, ni ce désir d’explorer sans cesse de nouveaux horizons. Soyons fiers d’être différents. C’est dans cette différence que notre culture se renforce, s’affine et trouve sa voix.

Et surtout, n’oublions pas : La musique, c’est bien, le metal, c’est mieux.


photo 4 KRACK 2024



Léo Amar (Léo Photos)



KRACK




pochette KRACK bakounine, EP 2024
KRACK
« Bakounine »
Cd promo 11 titres (28’25’’)
Fusion Trap Metal – France - sortie le 04.10.2024
M & O MUSIC / M & O OFFICE
Chronique le 13.09.2024



28 décembre 2024

LOFOFORA « Cœur de Cible »

LOFOFORA
« Cœur de Cible »
Cd promo 11 titres (42’16’’)
Rock Métal Fusion à multiples facettes – France - disponible, sorti le 04.10.2024.
AT(H)OME
pochette LOFOFORA coeur de cible 2024 photo LOFOFORA 2024
LOFOFORA, plus besoin de le présenter, actif depuis 1989, parrain du Métal Alternatif / Fusion en France, est loin d’avoir dit son dernier mot, une chose que nous allons vérifier avec ce nouvel et onzième album intitulé « Cœur de cible ».

Je vais être honnête avec vous, je n’ai jamais adhéré à la musique de LOFOFORA sachant que j’ai pu écouter les albums « Lofofora », « Peuh ! », « Dur comme Fer » et « Le Fond et la Forme » où, au final, je n’ai jamais trouvé mon compte. Et du coup, j’ai laissé passer le temps sans chercher à découvrir ce qu’ils ont fait après et jusqu’à présent ! Ai-je eu raison ou tort ? Nous allons voir cela maintenant.

Tout d’abord, il y a deux titres qui seraient dans la veine de ce que j’ai écouté d’eux auparavant, « La machette » et « Laisse pas faire ». Ensuite, je dirais que LOFOFORA a évolué dans un style de Fusion Crossover.

On commence avec « Apocalypse » où, dès l’intro avec ses quelques notes de guitare, on pensera à « Antisocial » de TRUST, pour un titre Métal avec des connotations AQME.

« La distance » nous embarque dans un bon Punk Hardcore aux riffs entêtants. Suit « Konstat 2024 » appuyant plus sur le côté Punk en gardant une bonne base Métal tout en étant très mélodique et Rock’n’Roll .

« Les deux » présente un démarrage de titre et une thématique dignes d’un James Bond avant de dégager une bonne énergie dotée d’un certain groove. On enchaîne ensuite avec un début très Thrash avec « A.D Haine » doté de Hard Rock et de passages et solos agrémentés d’un côté dissonant contrôlé.

Le rythmé et efficace « Le temps » où l’on sentira que VULCAIN est passé par là tandis que « Maladie mortelle » change le climat en étant sombre, lourd et Thrash.

On termine avec « Espoir » et « Ouvrez les esprits » des titres plus classiques, ce qui n’empêche pas de conclure que, musicalement et mélodiquement, c’est du très bon travail soigné et appliqué jusque dans les solos et on peut dire exactement la même chose concernant le chant mordant et modulable dans sa globalité.

Pour conclure, je dirais que cet album m’a agréablement surpris et m’a donné tort de ne pas avoir cherché à connaître ce que le groupe avait fait après 2003. LOFOFORA m’a démontré que les musiciens avaient encore de la ressource et qu’ils ont su évoluer avec le temps, tout en gardant une petite base de leurs débuts. Cela m’a convaincu de découvrir les albums précédents, chose que je ferais, car il n’est jamais trop tard pour bien faire.
MONKEYMETAL alias Troll / ODYMETAL / le 21.12.2024.

💂 English version of conclusion of the review :

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To conclude I would say that this album pleasantly surprised me and gave me wrong not to have sought to know what the band had done after 2003. LOFOFORA showed me that musicians still had some resources and they have been able to evolve over time, while keeping a small base of their debuts. It convinced me to discover the previous albums, which I would do, because it’s never too late to do well.
MONKEYMETAL aka Troll / ODYMETAL / 21th December 2024.






27 décembre 2024

STONED « Rebirth »

STONED
« Rebirth »
EP. Cd promo 7 titres (27’33’’)
Metalcore / Hardcore – France – disponible, sorti le 30.09.2023
MUSIC RECORDS / THE METALLIST PR (promo digitale) / ELLIE PROMOTION (promo cd physique)
pochette STONED rebirth, EP 2023 photo STONED 2023
Formé en 2015 et en provenance de la ville de Dreux, les français de STONED sortent leur premier EP intitulé « Rebirth » dans un registre Metalcore / Hardcore avec deux chanteurs, Damien Grojean et Steven Moello.

Du coup, derrière les micros, la prestation sera riche et variée en alternant un style parfois Hardcore / Metalcore dans différentes teintes dont certaines parties vocales seront très Deathcore, sans oublier un chant clair également à plusieurs facettes.

STONED envoie un Métal / Hard / Core à la base solide, aux riffs directs mêlant puissance et lourdeur, le tout garni d’une pointe mélodique comme par exemple sur « Run Baby Run » dont le refrain pourra notamment nous faire penser à KILLSWITCH ENGAGE, entre autres, qui les a sûrement influencés mais on sentira également quelques traces de la scène scandinave de Death Métal Mélodique notamment sur « Get Craking ».

« Burnout » est le plus massif et imposant du lot. « Something Else » envoie du lourd et le chant se montre monstrueux avec une ligne mélodique de guitare qui nous fera penser à PAPA ROACH. Plus modéré et plutôt surprenant « Just One Beer » sonne très Stoner, Métal même vocalement et jusque dans le bon solo. La dernière piste sera le même titre mais en version acoustique Stoner (Desert) Rock, teintée Blues, ce qui change, mais ce n’est pas trop ma tasse de thé…

Je termine avec le terrible « Take Your Revenge » au démarrage groovy qui, au final, sera une très belle combinaison entre l’univers du Metalcore puissant et rythmé à celui du Hardcore musclé aux chœurs puissants typés et au chant adéquat sur une grande partie de la prestation qui sera saupoudrée de chant d’ogre et criard.

STONED sort un premier EP « Rebirth » bien conçu où l’on sentira qu’il y a encore du potentiel à exploiter, cependant, il plaira aux fans de Metalcore et Hardcore. Il y a un titre qui m’a marqué plus que les autres et je vous conseille de l’écouter en premier car, pour moi, il représente le chemin que le groupe devrait prendre en grande partie car celui-ci possède une étincelle qui ne demande qu’à être attisée, c’est « Take Your Revenge ».
MONKEYMETAL alias Troll / ODYMETAL / le 22.12.2024.

💂 English version of conclusion of the review :

.../…

STONED releases "Rebirth" a well-designed first EP where we feel there is still potential to exploit, but that will appeal to metalcore and hardcore fans. There is a title that has impressed me more than the others and I advise you to listen to it first because for me, it represents the path that the group should take in large part because this one has a spark that only asks to be stoked, it’s «Take Your Revenge».
MONKEYMETAL aka Troll / ODYMETAL / 22th December 2024.











23 décembre 2024

Interview Michaël Schmitt – 15.12.2024


Interview de Michaël Schmitt
(membre de la rédaction de METALLIAN Magazine / Vecteur Magazine/ France, Black, Death, Grind / La Horde Noire / L’Antre du Metal / Brothers From Hell)
par MONKEYMETAL aka Troll / ODYMETAL
le 15 décembre 2024.

Photos fournies par Michaël Schmitt.


photo 1 Michaël Schmitt 2024


logo METALLIAN


Peux-tu nous évoquer ton adolescence en précisant quand et comment es-tu venu à écouter de la musique Metal ? Avec quels groupes ou artistes cela s’est-il fait ? Comment tes goûts ont évolué, car si je ne dis pas de bêtise tu préfères la scène extrême ?

Mon premier souvenir en termes de musique métal est sans doute Metallica, Slayer, Pantera, Sepultura et Machine Head. Je devais avoir 10 ans ; avant, je naviguais plus avec AC/DC, Guns N’ Roses, les Sex Pistols, Nirvana et d’autres. Puis, j’ai gardé mes bases et continué avec des choses plus extrêmes, effectivement… Cannibal Corpse, Deicide, Obituary, Morbid Angel, Dismember, Sodom, mais également Immortal, Mayhem, Emperor, Marduk, Darkthrone, Dark Funeral… Ce sont mes légendes du black et du death qui ont façonné mon apprentissage de ces styles. La scène française m’intéressait déjà fortement avec Massacra, Agressor, Loudblast, Catacomb, Mercyless, Gorgon ou Mütiilation. Il y aurait vraiment trop de groupes à citer (rires). Le Metal est rapidement devenu un véritable mode de vie, transcendant ainsi la simple passion pour la musique.


Si ce n’est pas indiscret, parle-nous de tes tatouages. Le choix de leur emplacement, ce qu’ils représentent, leurs significations et même leurs histoires ?

Je me fais tatouer une à deux fois par an depuis mes 16 ans ! Certains sont pour des personnes que j’ai perdues, d’autres concernent mes passions : le métal, l’écriture, et la culture pop (manga et films principalement). J’ai également pas mal de tatouages en commun avec ma femme ainsi que le nom de nos enfants Eden et Odin.


photo 2 Michaël Schmitt 2024 photo 3 Michaël Schmitt 2024


Pour éviter de dire des bêtises ou faire des oublis pourrais-tu nous faire un point de toutes tes activités qui tournent autour du Metal, les médias tous supports, les festivals, les endorsements, etc … pour lesquels tu es impliqué et ceux où tu ne l’es plus (si il y en a !) tout en nous racontant comment cela s’est passé ?

Je suis actuellement rédacteur et Community manager chez Metallian Magazine, rédacteur chez Vecteur Magazine, France, Black, Death, Grind et La Horde Noire. Je participe également à l’émission de radio L’Antre du Metal et, de temps en temps, au fanzine Metal II Mars. Je collabore avec Agony Clothing et établis un partenariat avec Le Petit Salon de Metal, dont j’apprécie énormément le travail ! Nous tenons depuis peu une page sur Facebook : Brothers From Hell, avec mon frère Martyr (Mornoss) et ma femme LuluHell (qui s’occupe des photos, vidéos et mises en page de l’ensemble de mon travail). Je réalise des interviews, chroniques, live reports et autres. Au départ, mon intention était de rassembler mes deux passions, à savoir le métal et l’écriture. Les événements se sont précipités pour moi, mais mon objectif principal reste de promouvoir les groupes que j’apprécie et de soutenir la scène underground française.








Certains organisateurs de concerts proposent, en plus d’acheter sa place, la possibilité d’acheter un pass pour pouvoir rencontrer le groupe. Qu’en penses-tu ? Ne trouves-tu pas cela abusif et injuste pour les fans ?

Tout d’abord, il convient de mettre cela en perspective : peu de groupes adoptent cette approche, et cela concerne principalement de grandes formations, souvent d’origine américaine. Je comprends que ce procédé puisse sembler exclusivement motivé par des considérations financières, mais il est important de souligner qu’aucune contrainte n’est exercée sur les individus. Ce phénomène est également observé dans d’autres genres musicaux, ce qui témoigne de la gentrification actuelle du métal.


Quels sont les 10 (voire plus si nécessaire) albums incontournables de Metal, tous styles confondus et pourquoi ?

  • Reign in Blood / Slayer
  • Ride the Lightning / Metallica
  • Vulgar Display Of Power / Pantera
  • The Blackening / Machine Head
  • Slowly We Rot / Obituary
  • Bloodthirst / Cannibal Corpse
  • Miasma / The Black Dahlia Murder
  • Obscene Repressed / Benighted
  • Nightwing / Marduk
  • De Mysteriis Dom Sathanas / Mayhem









Vraiment difficile comme question… Je tiens à ajouter quelques-uns de mes groupes favoris : Catacomb, Aborted, Nox Irae, Dismember, Sodom, Emperor, Darkthrone, Immortal, Mercyless, Gorgon, Mütiilation, Sepultura, Bathory, Morbid Angel, Loudblast, Corpus Diavolis, Lamb of God, Dark Funeral, Revocation, Vitriol, Angelcorpse, Deicide, Deströyer 666, Suffocation, Kataklysm, Slaughter to Prevail, Slipknot, Severe Torture, Alcest, ACOD, Akiavel, Voorhees, Demonist, Misgivings, Dawohl, Savage Annihilation, Necrowretch, Aorlhac, Hegemon, Muertissima, Massacra, Imperial, Legion of the Damned, Sadus, Incantation, Master, Misery Index, Mortuary, Mornoss, Satyricon…y’en a trop, non ?


Depuis que tu es dans le milieu des médias Metal, tu as sûrement dû avoir quelques désaccords avec certains musiciens ou groupes suite à une chronique ou une interview ou tout simplement lors d’une discussion. Si oui avec qui (facultatif) et pour quelles raisons ?

Pas de faux-semblants, je vous l’assure, et non, je ne suis pas un optimiste naïf dans le domaine du Metal. À ce jour, je n’ai jamais rencontré de problèmes ni de retours négatifs de la part des artistes ou des lecteurs. J’imagine que cela pourrait survenir à l’avenir, mais je ne vais pas vous mentir à ce sujet.








Dans tes rencontres avec les groupes ou musiciens quelles sont celles qui t’ont le plus marquées positivement ou négativement ?

Les rencontres les plus enrichissantes avec des artistes sont celles qui se transforment en amitiés durables. Je tiens à mentionner Tony de Catacomb, Julien de Benighted, Fred et Jérôme d’ACOD, Bigorn de Scurrilous, Max Otero de Mercyless, Chris de Gorgon, Benoît Denis de Muscadeath, ainsi que Chris et Mike de Kronos, et Jo d’Agressor, sans oublier David de Stone Horns. Tout cet ensemble forme une véritable famille, bien qu’il y ait encore beaucoup d’absents. Par ailleurs, échanger avec des figures emblématiques du style telles que Kerry King, David Vincent, Robb Flynn, Samoth, Terrance Hobbs et Jason Netherton est toujours un apprentissage enrichissant.


As-tu d’autres activités professionnelles et personnelles en dehors du milieu de la musique Metal ? Si oui lesquelles ?

Sur le plan professionnel, je suis actif dans le secteur de la métallurgie. Ce n’est pas une plaisanterie, je travaille effectivement dans le Metal (Rires) ! Je me considère comme un épicurien dans tous les aspects de la vie. Ma famille constitue ma principale source de motivation. Je suis également passionné de lecture, de jeux vidéo, de mangas (qu’ils soient papier ou animés), ainsi que de sport pour maintenir ma forme physique, principalement pour les pogos et slams.


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Maintenant on va parler de l’IA à titre personnel et professionnel. J’aimerais connaître ton avis sur comment tu vois cela et ce que tu en penses, ainsi que les avantages et les inconvénients que tu perçois ?

C’est une avancée significative dans de nombreux domaines. Concernant son utilisation dans le monde du métal, il est similaire à d’autres secteurs : il existe des aspects positifs et négatifs. D’un côté, nous avons ceux qui sont attachés aux couvertures de disques artisanales, et de l’autre, ceux qui cherchent à susciter un choc psychologique par le biais de la nouveauté. Personnellement, cela ne m’intéresse pas ; ce que je recherche avant tout, c’est de la bonne musique. À mon sens, l’évolution présente également des éléments positifs. En résumé, je privilégie un excellent album accompagné d’une pochette conçue par une intelligence artificielle plutôt que l’inverse.


Quels conseils donnerais tu as une personne qui souhaite créer son propre média pour mettre en avant et promouvoir l’univers Metal en faisant des chroniques, des interviews, des reports live etc… ?

Je n'ai pas de conseils spécifiques à formuler, si ce n’est que la passion et le travail doivent être au cœur de toute démarche. Il est essentiel de s’investir pleinement, de ne pas hésiter à approfondir ses connaissances en lisant abondamment et en s’exerçant de manière intensive, surtout au début. Si vous avez seulement survolé un album, je vous déconseille de rédiger une chronique, car cela manque de sérieux et cela peut être rapidement perçu par certains.


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Quelles sont tes coups de cœurs de cette année que tu n’hésiterais pas à mettre dans la hotte du Père Noël pour un connaisseur ? Fait nous rêver en expliquant pourquoi ?

Au cours des dernières années, la scène métal française a véritablement brillé par la qualité de ses productions. Pour commencer, je souhaiterais mettre en avant quelques groupes de ma région qui ont récemment publié des albums : ACOD, Corpus Diavolis, Stone Horns, Dagoba, Breeding Chaos, Markarth, Dismo, et Espèrros. Il convient également de mentionner les œuvres remarquables de formations emblématiques telles que Mercyless, Benighted, Gorgon, Loudblast, Merrimack, Necrowretch, Locomuerte, Mütiilation, Silhouette, ainsi que Ecr.Linf. Par ailleurs, les albums de Severe Torture, The Black Dahlia Murder, Deicide, Nile, Kerry King et Darkthrone méritent tout autant d’être soulignés. L’underground demeure d’une grande importance à mes yeux. Parmi mes intérêts, je mentionne les artistes et groupes suivants : Demonist, Ad Vitam Infernal, Voorhees, Certa Mortis, Hrad, Jours Pâles, Infestus, Pestilent Hex, Windhelm, Time Lurker, Sans Roi, et Épine.




Dernière question. As-tu quelque chose à ajouter, à clarifier ou un message à faire passer ?

Je vous remercie sincèrement pour cette interview. Je suis généralement plus habitué à en réaliser qu’à y répondre. N’hésitez pas à soutenir la presse indépendante, comme le magazine Metallian, ainsi que les groupes, qu’ils soient underground ou non. Je vous encourage également à assister aux concerts et festivals. Restons fidèles à notre passion pour la musique métal.




Michaël Schmitt




METALLIAN MAGAZINE