22 juillet 2026

EMPTINESS « Nowhere Speaks »

EMPTINESS
« Nowhere Speaks »
10 titres (41’41’’)
Avant-Garde Death and Black Metal – Belgique – disponible, sorti le 17.07.2026
SEASON OF MIST
pochette EMPTINESS nowhere speaks 2026 photo EMPTINESS 2026
Originaire de Belgique, EMPTINESS voit le jour en 1998 dans la capitale Bruxelles. Je découvre le groupe avec son tout récent septième album « Nowhere Speaks ». Autant vous avertir que l’univers des belges ne s’adresse pas au grand public, mais demande de la quiétude et une certaine ouverture d’esprit pour être abordé.

Le quintet évolue dans un registre présenté comme de l’Avant-Garde Death and Black Metal, avec des apports industriels, gothiques, post metal et même post punk. L’approche du quintet serait pour les amateurs de PORTAL, NEUROSIS, ULCERATE ou encore DEATHSPELL OMEGA. Globalement, le tempo s’avère plutôt calme ou modéré. Cette remarque n’empêche pas quelques moments plus rudes et énervés, en particulier sur deux morceaux que nous verrons ultérieurement à savoir « The Clash Of Forces » et « All For Nothing ».

La basse ressort bien à travers cet édifice aux nombreux visages : dense, lumineux, ténébreux, déroutant, charmeur, ambiant, expérimental, transformiste, lancinant ou encore hypnotique. Les solos se montrent rares et courts. Pour ce qui du chant, c’est en réalité une voix plutôt narrative donnant un aspect irrél et fantomatique. En certains occasions, un peu de chant clair arrive à se frayer un chemin.

Avec tous ces ingrédients, vous comprendrez aisément qu’un tel album ne peut être décrit uniquement qu’avec des mots, ce n’est qu’en l’écoutant que vous pourrez véritablement le découvrir. Si EMPTINESS a prévu une mise en scène appropriée pour les concerts, alors l’interprétation de cet album dans son intégralité sera sans doute une expérience véritablement immersive.

Pour vous donner juste une petite idée de ce qui vous attend, il y a d’un côté trois petits instrumentaux. En ouverture, « Nothing But The Whole (Part 2) » établit un lien avec le passé car il débute là où s’achève l’album de 2017 « Nothing But The Whole ». Si l’ambiance à travers le chargé « Darkness Commands » est plutôt d’inspiration noise, celle de « One Must See All » se pare d'une aura plus majestueuse.

Désormais, abordons brièvement les sept morceaux qui ont des paroles. Menaçant et froid riment avec « The Threat » dont la lumière arrive lors du refrain soutenu par une voix claire suave. Un solo s’invite sur le morceau éponyme « Nowhere Speaks » dont la pause en plein coeur précède un long final entêtant.

Dépassant largement les huit minutes, l’ambiance tout au long de « Words To Wind » navigue entre surnaturelle, futuriste et lancinante. La basse est valorisée sur « When The Whole Arrives » à la fois onirique et enchanteur. Concernant « Next In Line », il s’apparente à lente montée en puissance où la voix se manifeste tardivement.

Je reviens désormais sur « The Clash Of Forces » et « All For Nothing » déjà évoqués auparavant. La puissance domine en grande partie via le premier doté d’un riff d’inspiration néo. Pour ce qui est du second, c’est un ovni dans l’ovni. Ce morceau met en scène les parties les plus déchaînées. Bouillonnant, quelques sonorités dissonnantes, féroce, inquiétant, tempête, tel est le programme de ce cauchemar où le courroux et la clareté finiront par fusionner. Notez que la fin « All For Nothing » vous renvoie au début de l’album de 2017 « Nothing But The Whole », la boucle est bouclée.

Avec son septième album, EMPTINESS ne choisit pas la facilité en nous emmenant dans un univers atypique. « Nowhere Speaks » demande des écoutes et une certaine sensibilité pour être apprécié à sa juste valeur. Il est impossible de rester indifférent.
Eagle / ODYMETAL / le 22.07.2026.

💂 English version of conclusion of the review :

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With its seventh album, EMPTINESS does not choose the easy way by taking us into an atypical universe. 'Nowhere Speaks' requires listening and a certain sensitivity to be appreciated at its true value. It is impossible to remain indifferent.
Eagle / ODYMETAL / 22th July 2026.







18 juillet 2026

SORDIDE « Ainsi Finit Le Jour »

SORDIDE
« Ainsi Finit Le Jour »
Digipack. Cd 9 titres (53’40’’)
Livret 12 pages avec paroles
Black Metal – France – disponible, sorti le 25.10.2024
LES ACTEURS DE L’OMBRE PRODUCTIONS / SOLSTICE PROMOTION
pochette SORDIDE ainsi finit le jour 2024 photo SORDIDE 2024
Trois ans après « Les Idées Blanches », SORDIDE a sorti son successeur « Ainsi Finit Le Jour » le 25 octobre 2024. A travers ce cinquième album, le trio français poursuit ce qu’il a entamé en 2021. Le black metal proposé demeure sans aucun artifice, ce qui apporte un côté brut à un ensemble doté de plusieurs facettes. Les paroles sont écrites dans la langue de Molière. Durant l’écoute, des teintes rock’n’roll se mêlent à l’édifice. Lors des moments agités, une urgence rappelant le punk peut en ressortir.

Une fois lancé, le trompeur « Des Feux Plus Forts » n’est pas une tempête continue. Dépassant très largement le cap des huit minutes, « Nos Cendres Et Nos Râles » ralentira sa course avant d’opter à mi-parcours pour une approche purement instrumentale (aérienne puis furieuse). Toutefois, cette partie sans chant aurait gagner à être raccourcie. Calmant le tempo, « Le Cambouis Et Le Carmin » se montre bouillonnant lors de son final. Si « Sous Vivre » affiche une démarche plus lancinante, « Banlieues Rouges » mise sur l’efficacité. Alors que « La Poésie Du Caniveau » dissimule une grosse poussée de colère, la rage monopolise au contraire et en grande partie le morceau éponyme « Ainsi Finit Le Jour ». « La Beauté Du Désastre » renferme en plein cœur une bien trop longue section aérienne (une voix fera une furtive intervention) avant de s’aventurer dans le doom. Prenant son temps pour démarrer, « Tout Est A La Mort » laissera la rage se manifester à un stade avancé.

Si vous avez apprécié « Les Idées Blanches », il en sera certainement de même avec le cinquième chapitre de SORDIDE « Ainsi Finit Le Jour ».
Eagle / ODYMETAL / le 18.07.2026.

💂 English version of conclusion of the review :

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If you enjoyed "Les Idées Blanches", it will certainly be the same with the fifth chapter of SORDIDE "Ainsi Finit Le Jour".
Eagle / ODYMETAL / 18th July 2026.


photo du digipack SORDIDE ainsi finit le jour 2024 - photo ODYMETAL









17 juillet 2026

PYTHONIC « Laws Of Karma »

PYTHONIC
« Laws Of Karma »
EP 5 titres (18’54’’)
Groove Death Metal – Canada – disponible, sorti le 10.07.2026
INDEPENDANT / ASHER MEDIA RELATIONS
pochette PYTHONIC laws of karma, EP 2026 photo PYTHONIC 2026
Direction Saskatoon, ville au Canada, pour découvrir PYTHONIC. Fondé courant 2015, il faut attendre 2024 pour voir la formation sortir son premier EP sobrement intitulé « EP1 ». Depuis, deux autres ont suivi : « Decomposition » un an plus tard et le présent « Laws Of Karma » il y a quelques jours.

Le quintet évolue dans une fusion de groove metal et de death metal avec des apports metalcore, thrash metal, slam metal et même heavy metal. La voix oscille entre un registre guttural et un hurlé. L’ensemble mêle tous ces ingrédients dans des proportions différentes selon les situations. Faire ressortir un morceau plutôt qu’un autre dépendra de votre sensibilité. Une écoute vous permettra de vous faire une idée.

La composition éponyme « Laws Of Karma », aux allures d’un uppercut, donne le ton pour la suite des festivités. Fort d’un petit lead au début, « Feed The Flames » avance tranquillement avant un final explosif. Via « Set You Free », on s’attardera sur les guitares ainsi que sur le solo. Pour ce qui est de « Sentience », assez massif, il dissimule une phase plus entraînante. Avec « Venom », des passages puissants côtoient les moments les plus énervés.

Ce troisième EP de PYTHONIC s’adresse avant tout aux amateurs du genre.
Eagle / ODYMETAL / le 17.07.2026.

💂 English version of conclusion of the review :

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This third EP of PYTHONIC is primarily aimed at fans of the genre.
Eagle / ODYMETAL / 17th July 2026.