13 mars 2026

BLÓÐ « Mara »

BLÓÐ
« Mara »
DIGIPACK. CD 10 titres (50’15’’)
Livret 12 pages avec paroles et images.
Blackened Doom Sludge Metal – France – disponible, sorti le 21.06.2024
TALHEIM RECORDS GERMANY / SOLSTICE PROMOTION
photo BLÓÐ 2024
BLÓÐ est un groupe français actif depuis 2018. Fort d’un premier album sobrement éponyme en 2020 suivi par « Serpent » un an plus tard, le présent « Mara » sorti le 21 juin 2024 est le troisième chapitre de son histoire. La formation évolue dans un style peu accessible pour le grand public.

Les festivités débutent avec « Gehenna » qui vous accueille avec des chœurs d’enfants dans une ambiance d’inspiration folk. Méfiez-vous car, à l’instar de la maison en pain d’épices de Hansel et Gretel, ce n’est qu’une illusion pour vous attirer. Dans ce premier morceau, lorsque le groupe vous dévoile sa véritable nature, vous plongez dans un blackened doom sludge metal au tempo posé. Au regard du style pratiqué, certes la couleur ébène domine dans ce bloc en apparence monolithique, j’insiste sur « en apparence » car l’écoute révèle à tous les niveaux des nuances, des subtilités, des moments moins étouffants ainsi que de la mélodie.

C’est Ulrich W., leader du groupe OTARGOS (groupe que j’ai découvert avec son dernier album en date, « Fleshborer Soulflayer » de 2021, une bonne et belle découverte pour moi), qui se charge de tous les instruments. Même si le rythme demeure sage, l’approche musicale s’avère certes principalement écrasante mais sait également alléger son propos. Le chant est tenu par une femme, Anna W., ce qui apporte une saveur insolite dans le bon sens. Sa voix claire évolue, amenant de la sensibilité et de la lumière, se montrant parfois plus narrative ou s'imprégnant de l'agressivité du black metal. Par ailleurs, de par la communion entre la musique et le chant, une aura mystique émane plus ou moins fortement selon les circonstances.

Dans la suite de l’album, « Malignant » met en scène une dualité entre des passages denses et bouillonnants avec des parties au contraire plus aérées. Si le summum de la noirceur est atteint à travers « Martyr », après son court répit, cet aspect oppressant monte encore d’un cran, donnant l’impression d’assister à un funeste rituel. Place à la composition éponyme « Mara » qui se montera en comparaison davantage accrocheuse et mélodieuse en raison d’un chant clair envoutant.

Si « The White Death » prend son temps pour démarrer, de son côté, « Chthonia » se révèle inébranlable et précède l’insolite « Frost ». Ce dernier est un court intermède intimiste porté seulement par une guitare et un chant fragile. Son ambiance se prolonge sur l’introduction de « Covenant » dont on relèvera les envolées lors du refrain.

Pour ce qui est de « Queen Ov Hades », après son accalmie en plein cœur, la voix féminine narrative prendra davantage d’importance dans une ambiance ensorcelante. Approchant les treize minutes, « Mother Of All » est un instrumental qui, après une fausse conclusion, vous emmènera à mi-parcours dans un domaine purement ambiant.

BLÓÐ ne choisit pas la facilité dans sa démarche. Avec de l’attention et de la patience, vous pourrez alors vous immerger pleinement dans ce troisième album dont l’intérêt grandira avec le temps.
Eagle / ODYMETAL / le 13.06.2026.

💂 English version of conclusion of the review :

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BLÓÐ does not choose the easy way in his approach. With attention and patience, you will then be able to fully immerse yourself in this third album whose interest will grow over time.
Eagle / ODYMETAL / 13th March 2026.


photo du digipack BLÓÐ mara 2024 - photo ODYMETAL









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