18 février 2012

GRAVITY "Syndrome"


CHRONIQUE ALBUM
à paraître dans le prochain fanzine ODYMETAL n° 32

GRAVITY« Syndrome »
Cd 10 titres (59’59’’)
M & O MUSIC / M & O OFFICE
Modern Metalcore – France 

Disponible

GRAVITY est un jeune groupe prometteur qui, suite à un EP 3 titres « Déphasé » en avril 2009, livre cette année son premier album intitulé « Syndrome ». Ce dernier, conceptuel de surcroît, utilise la langue de Molière pour l’intégralité des paroles et de l’histoire. Le quintet français, originaire de Montpellier, présenté comme évoluant dans le modern metalcore, varie les plaisirs et explore plusieurs domaines à l’instar du death mélodique, du heavy metal, du thrash, du metalcore ou encore un peu de black. Autant vous prévenir que GRAVITY ne manque pas d’arguments et convainc sur tous les plans. L’énergie, la vitalité ainsi que les rebondissements répondent présents ainsi que l’intérêt tout au long de cet album.

Le groupe compte dans ses rangs une chanteuse, Emilie, qui ne manque pas de mordant.
 Effectivement, sa voix s’aventure essentiellement dans le registre agressif et guttural du death mélodique. En certaines occasions, elle abandonne ses growls au profit d’une tonalité claire. En outre, lors de moments opportuns, elle opte pour un chant lyrique toujours employé sans excès et à très bon escient. D’autre part, Alexandre, se chargeant de son côté de la guitare rythmique, vient aussi se placer derrière le micro dans un registre exclusivement très agressif. La combinaison de leurs voix, utilisées séparément ou ensemble selon les besoins, et des différents timbres possibles, offre une grande variété vocale. Cet intéressant travail sur les vocalises amplifie par la même occasion l’impact de la musique.

Quand le chant lyrique entre en scène, on peut ajouter que son rôle est généralement de porter et de renforcer des mélodies comme cela est le cas via « Violences », morceau bien efficace qui met en scène des guitares ancrées dans le heavy metal. Ce même chant lyrique occupe davantage la première ligne à travers « Part 1 : Espace » qui présente une signature plus death thrash ainsi que des rythmes puissants et syncopés. Quant au timbre clair, il se révèle davantage présent via le percutant « Obsession » dans une veine heavy death mélodique. Il est indéniable que ce morceau devrait prendre toute son ampleur sur scène notamment grâce à son feeling ainsi qu’à son refrain porté par deux voix.

Passons désormais en revue le reste des compositions de ce premier album. Ouvrant le bal, « Evasion » est un morceau incisif avec une inspiration death mélodique, un solo et déjà l’intervention des vocalises lyriques. Le sombre et plus posé « Part 2 : Déphasé », au riff lancinant, renferme une longue phase instrumentale calme. Toutefois, méfiez-vous de son réveil certes bref mais bien tempétueux. Au niveau de la variété des ambiances, on peut notamment s’attarder sur les cas de « Elle » ainsi que de « La Constante Aléatoire ». Pour le premier, peu propice à la joie, une virée dans le registre aérien en plein cœur est à noter. De plus, un acteur des plus inattendus se manifeste : il s’agit des claviers présents au début et à la fin de ce morceau. C’est Benjamin, ancien bassiste et ami du groupe, qui se charge de cet instrument et qui l’a adapté à la composition. Il a été enregistré par Tim, bassiste de GRAVITY. En ce qui concerne désormais « La Constante Aléatoire », le groupe joue les caméléons.

Les contrastes sont également au rendez-vous entre cette approche torturée limite malsaine, ses poussées d’adrénaline, une accalmie bienvenue préparant le terrain du pertinent solo mélodique. De son côté, le massif « Le Monde D’A Côté », où une ombre death metal plane, est le seul morceau dénué de vocaux. Quant à « 437 » fermant la marche, de la mélancolie émane de sa mélodie reprise à travers son long entêtant final instrumental. Si vous avez bien suivi ce qui précède, vous avez pu constater que neuf compositions ont été mentionnées sur les dix que compte « Syndrome ». J’ai volontairement gardé mon morceau préféré pour la fin : il s’agit du bien mené et dévastateur « Souffrance ». Celui-ci est tout simplement le sommet de l’album et expose clairement les capacités de GRAVITY à tous les niveaux en un peu plus de dix minutes.

Grande force de frappe, bon solo, petite accalmie avant la dernière déferlante, refrain très bien construit et mené de front simultanément par plusieurs voix, tels sont les ingrédients de ce cocktail explosif qui met en valeur les dispositions du quintet. Si il vous faut une seule raison pour vous intéresser à « Syndrome », elle s’appelle « Souffrance ». Difficile de rester de marbre devant cette composition résumant le savoir-faire de nos compatriotes. Que retenir de ce premier album si ce n’est que GRAVITY y dévoile de la vigueur, de l’enthousiasme et une envie à en découdre, ce qui fait plaisir à entendre. Un groupe affamé au potentiel certain qui, n’ayons pas peur des mots, nous livre avec « Syndrome » une des sorties indispensables de l’année 2011. D’entrée de jeu, GRAVITY se fait remarquer et frappe déjà fort. A découvrir sans hésitations, à soutenir comme il se doit et à suivre.

Morceaux préférés : « Violences », « Souffrance », « Obsession », « Elle », « La Constante Aléatoire ».


Eagle / ODYMETAL / 10.12.2011

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